Papier/Machine : Lorsque support imprimé & nouvelles technologies se rencontrent.

Mémoire de DNSEP réalisé sous la direction d'Olivier Deloignon, chargé de cours en histoire et culture du graphisme, du livre et de l’image à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Vous pouvez lire mon mémoire en intégralité (mais sans iconographie) en le téléchargeant ici.

Introduction

Nous vivons dans une société dans laquelle le numérique prend une place de plus en plus importante, et ce à divers niveaux – réseaux sociaux, vente par correspondance, musique, information, structures éditoriales, art contemporain, etc.

Si la lecture sur support numérique est l’objet de nombreuses recherches, en littérature comme en sciences sociales ou en sciences cognitives, la place de l’illustration sur support et format numérique ne semble que très peu envisagée.

Cependant il existe une forme de création émergente : une nouvelle approche de l’illustration qui passe par l’association du papier et des nouvelles technologies et que je nommerai papier/machine.
Ces productions, pour l’instant peu nombreuses et très différentes les unes des autres ont au moins un point commun : elles mêlent le support tangible qu’est le papier avec des nouvelles technologies au sens large, très souvent un écran ou une tablette, occasionnellement des circuits électroniques au sein d’un livre ou encore l’usage de caméras ou de robotique.

Les productions papier/machine fonctionnent comme un tout homogène, elles sont pensées pour faire cohabiter papier et numérique, et de cette association naît une nouvelle esthétique que je tenterai de définir dans ces pages.
Le terme papier/machine ne comprend pas les œuvres numérisées à partir du papier pour rendre possible une lecture numérique, comme c’est le cas pour beaucoup de bandes dessinées que l’on peut désormais lire sur papier et à l’écran. Il n’inclut pas non plus les œuvres numériques imprimées, comme certains blogs de bandes dessinées qui sont édités sur support papier. Papier/machine définit les travaux dans lesquels papier et machine se répondent et fonc- tionnent de concert comme un tout, c’est à dire que chacun des supports a une place particulière dans l’œuvre et sans qui l’œuvre ne peut exister. Nous verrons par la suite comment, car pour orchestrer ces supports, différentes possibilités existent.

Dans une perspective très éloignée d’une peur empirique qui voudrait que le livre disparaisse, papier/machine nous permet d’envisager que tout comme la photographie n’a pas pris la place de la peinture, que le cinéma n’a pas pris la place de la photographie ni la télévision celle du cinéma, bien que chaque média se soit redéfini à l’arrivée d’un nouveau, l’image numérique ne prendrait peut-être pas la place de l’image imprimée. En ce cas, l’image numérique serait une nouvelle forme de création à exploiter, avec ses qualités et ses défauts, et surtout une multitude de possibilités que le spectre de la disparition du livre tend à nous dissimuler.